Témoignage : « frappée par la foudre au cours d’une randonnée »

Nous sommes partis randonner entre amis à Saint Vallier le dimanche 27 mai 2012. Nous
étions quatre gars et deux filles.
Jean-Yves connaissait bien le parcours. Vers 16h00, nous étions en train de finir de traverser
le liserai d’un bois au col du Ferrier. Jean-Yves et David étaient devant, suivis de Sandrine et
de Virginie. Avec Richard, tout en discutant nous fermions la marche à une vingtaine de
mètre du groupe. Puis, tout s’est passé très vite.
Tout à coup, Richard et moi avons été soulevés du sol par un puissant courant d’air et
projetés en avant sur plusieurs mètres. Lors de ma projection, j’ai sentis du courant
électrique traverser mon bras gauche qui s’est tétanisé, raide tendu en avant. J’avais
l’impression de planer et pouvais voir au loin devant moi le groupe des quatre qui marchait,
sans rien soupçonner de ce qui nous arrivait. J’ai ensuite tourné le regard vers mon supposé
point de chute, tout en entendant une énorme déflagration terrifiante. J’avais conscience que
nous prenions la foudre. J’ai entendu les cris des filles et des gars devant, avant de perdre
connaissance.
Nous étions allongés à terre avec Richard qui était resté à ma droite, et avons repris
connaissance. J’avais des « fourmis » dans mon bras gauche à cause de l’électrocution. Une
seconde déflagration terrifiante a subitement retenti et nous nous sommes tous deux
couchés à terre pour nous protéger. Ensuite, il y a eu silence. Car, nous n’étions pas encore
dans l’orage, il ne pleuvait pas.
Nous nous sommes relevés et avons vu le groupe des quatre qui gisaient à terre,
inconscients. Il y avait une forte odeur de poudre brûlée, comme du silex ou de la poudre
d’arme à feu. Nous les avons appelé à se relever : les deux garçons ont repris connaissance,
mais pas les filles.
J’ai cru alors qu’elles étaient raides foudroyées, mais ne voyais aucun impact de brûlures.
Nous leur avons parlé, puis elles on repris signe de vie, sans pouvoir bouger. Sandrine
poussait des râles de souffrance et montrait un état de santé très critique. Pendant que les
garçons s’occupaient de Sandrine, je me suis avancé vers Virginie. Elle a pu péniblement me
dire : »je ne peux plus bouger mon corps ». Elle était paralysée.
Malgré tous nos efforts, devant notre incapacité de pouvoir soulager leur agonie et ne
pouvant pas appeler les secours par manque de réseau sur le portable, nous nous sommes
retrouvés tous les quatre gars, impuissants devant la situation. Virginie lâchait la vie en
s’endormant. Sandrine poussait des râles avec son visage qui passait subitement du rouge au
bleu avec ses yeux révulsés. On réalisait avec une certaine logique que toutes deux
quittaient la vie. C’est alors qu’il s’est produit quelque chose de miraculeux.
Alors que nous subissions l’événement au milieu de l’orage qui arrivait sur nous
accompagné d’autres impacts de foudre très impressionnants, Richard s’est alors accroupi
devant le corps des filles, leur a posé ses mains, et s’est mis à prier avec autorité et
douceur : » … au nom de Jésus … la guérison ..aucune séquelles … ». Instantanément, le
visage des filles a changé pour reprendre un meilleur état de santé, malgré leur pâleur.
C’est pendant ces moments de déclin de vie qu’elles ont vécu quelque chose de particulier,
une expérience de mort imminente dont elles ont leur témoignage.
Nous avons alors profité de déplacer Sandrine pour lui éviter d’avoir la tête en bas. Lors de
la manoeuvre, elle sentait fortement la poudre brûlée.
Richard et Jean-Yves sont restés avec les filles. David et moi sommes partis chercher du
secours. Nous étions à 100 m environ de la route qui mène à Caussol, et avons fait signe à
deux véhicules qui se sont arrêtés. Deux couples nous sont venus en aide et ont réussi à
prévenir les pompiers.
On a ensuite dégagé les filles hors de la lisière qui restait une zone à risque pour la foudre. Il
pleuvait un orage de grêle. Une des personne a avancé son 4X4 dans le terrain afin que nous
y abritions Sandrine et Virginie.
Avec David, nous avons ensuite arrêté des voitures qui nous ont amené à nos véhicules
garés sur Saint Vallier, à 8km de là. Pendant ce temps, les pompiers sont arrivés et ont
prodigué les premiers soins aux filles dans le 4X4. Lorsque nous sommes remontés avec nos
voitures, les pompiers étaient en train de les brancarder chacune dans un VSAB.
Les pompiers, l’infirmière et le médecin voulaient aussi nous examiner. Notre cas de
foudroyés les surprenait. Après quelque attente, avec nos voitures nous avons suivis le
VSAB contenant Virginie et celui avec Jean-Yves. Le 3ème VSAB où était Sandrine est
resté sur place avec le médecin, car elle rencontrait des complications cardiaques.
La foudre a traversé Sandrine d’épaule en épaule et lui a brisé la clavicule. Elle a souffert de
la poitrine et risqué un infarctus. Sa parka était brûlée. Quant à Virginie, la foudre est entrée
depuis le fémur pour sortir sous les pieds : ses pieds ont été brûlées, ses chaussures lacérées
à l’intérieur au niveau du talon.
Nous avons ensuite attendu le VSAB de Sandrine à la caserne des pompiers de Saint Vallier.
Virginie avait repris l’usage de ses membres et j’ai pu être rassuré en ayant pu la voir dans le
véhicule. Puis, nous sommes tous partis en convoi vers l’hôpital de Grasse.
En chemin, Sandrine a fait des complications cardiaques; les pompiers ont préféré la diriger
vers l’hôpital de Cannes. Quant à nous cinq, nous avons été hospitalisés à Grasse, aux
urgences. Après examens, Richard et David ont pu sortir le soir même. Virginie, Jean-Yves
et moi sommes restés hospitalisés.
Jean-Yves et moi avons été libérés le lendemain, lundi 28 mai à midi, et Virginie le mercredi
soir. Sandrine est sortie vendredi 1er juin, avec un tympan atteint.
Virginie a quelques brûlures aux jambes et une entorse à soigner. On lui a découvert le
syndrome de Brugada (sensibilité héréditaire à l’arrêt cardiaque). Elle est suivie en
cardiologie à Antibes et va peut être devoir subir l’implantation d’une pile…
Sandrine et moi avons eu par moments des petites crises d’angoisses dues aux chocs et au
bruit de la foudre.
Lors de leur électrocution, Sandrine et Virginie ont fait une expérience du passage de la vie
à la mort. Je n’ai la possibilité que de vous narrer une partie de ce qu’elles m’ont dite.
Sandrine s’est vue dans un véhicule qui avançait à une très grande vitesse à l’intérieur d’un
tunnel. Elle ne pouvait pas freiner. Mais elle était bien dans ce voyage.
Virginie s’est retrouvée dans une grande prairie, avec beaucoup de lumière. Elle était
paisible, il n’y avait plus aucune souffrance et ne voulait plus revenir.
Toutes les deux ont entendu la prière de Richard faite au nom de Jésus. Puis, elles sont
revenues à la vie, dans leur corps qui les faisait souffrir…
Il y a eu d’autres phénomènes miraculeux ou étranges sur la santé physique de Virginie
qu’elle est en mesure d’expliquer.
Je suis conscient que le témoignage de notre vécu dit avec vérité, dans la simplicité a un
certain impact pour notre environnement proche. En tant que chrétien, je suis heureux de le
rendre, même si cela n’est pas toujours facile de parler de Jésus aux personnes incroyantes
ou qui n’ont pas d’attaches chrétiennes.
En une simple fraction de seconde, notre existence peut changer sans que l’on s’y attende.
Et, je réalise qu’à chaque instant nous devons alors être prêts à faire face à ce que l’on
trouvera après notre existence terrestre. Pour ma part, je suis confiant de cet avenir.